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Calculer les prix des péages autoroutiers pas seulement en fonction de la distance mais également en fonction de la pollution du véhicule, tel le projet qui a récemment été voté favorablement par les députés européens. Une redevance pour congestion afin d’éviter les embouteillages sur les axes les plus fréquentés est également à l’étude. Voilà une nouvelle qui fait encore grincer des dents les automobilistes.


La guerre à la pollution est déclarée


Depuis que le CO2 a été déclaré comme un des principaux ennemis du climat, de nombreuses mesures ont vu le jour pour promouvoir les véhicules « propres » en France. Il y eu l’instauration de la vignette Crit’Air visant à restreindre la circulation de véhicules polluants dans certaines villes pendant les pics de pollution. Suivi de l’augmentation de la prime à la casse pour favoriser le renouvellement du parc automobile français. Puis ensuite le durcissement du malus écologiques et l’instauration d’une taxe pour les véhicules puissants. Pour rappel, cette « taxe de pollution » est due lors de l’immatriculation du véhicule et rentre dans le calcul du prix de la carte grise. Et maintenant l’objectif d’une mise en place de cette redevance pollution qui s’ajouterait aux tarifs des péages autoroutiers.


Bon pour l’environnement, bon pour la sécurité routière


La députée européenne écologiste Karima Delli  a assuré à LCI qu’"Il s'agit d'une mesure de bon sens". En plus de permettre l’investissement dans "des projets vertueux et plus propres", ce projet serait selon la présidente de la commission Transports du Parlement Européen  "bon pour le climat mais aussi la sécurité routière. Ce n'est plus possible d'avoir en Europe 500.000 morts prématurés, dont 48.000 en France."


A l’aube de la rentrée en vigueur de la limitation de vitesse à 80 km/h, l’association 40 millions d'automobilistes n’est pas d’accord avec cette vision : cette réglementation aurait pour conséquence de déporter les conducteurs sur le réseau secondaire qui est considéré comme plus dangereux.


Instauration du principe polluer-payer


Si cette proposition est  approuvée par le Conseil Européen et les Etats membres, cette mesure pourrait être appliquée dès 2021 pour les poids lourds et dès 2026 pour tous les usagers de la route.

Christine Revault d'Allonnes-Bonnefoy, la députée européenne française à l'origine du rapport dans lequel figure cette proposition, indique dans son document que cette  augmentation pourra être encore plus forte «dans les régions montagneuses et autour des agglomérations, dans la mesure où la moindre dispersion, la pente de la route, l'altitude ou les inversions de température le justifient».


Une mesure qui risque d’être « socialement injuste »


“Cette nouvelle redevance creuse encore l’écart entre ceux qui ont les moyens de se payer une voiture neuve, de prendre l’autoroute et les autres” s’inquiète Pierre Chasseray, délégué général de l’association 40 millions d’automobilistes (source : Le Parisien). L’ancienne ministre de l’Ecologie Delphine Batho – principalement favorable à ce projet – le  rejoint sur le point qu’il ne faut pas pénaliser ceux « qui n’ont aujourd’hui pas les moyens de changer de voiture ». La députée des Deux-Sèvres soumet l’idée de doubler la prime à la casse destinée aux ménages modestes.


Interviewé par France Inter, Nicolas Hulot, Ministre de la Transition Ecologique et Solidaire, a confirmé que cette proposition faisait effectivement «partie des réflexions». «Rien n'a été décidé. Qu'il y ait des scénarios sur la table sur lesquels nous travaillons avec Elisabeth Borne est évident. Mais aucun scénario n'a pour l'instant été privilégié», a-t-il néanmoins tempéré.


L'équipe de Cartegrise.com

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