Immatriculation des voitures neuves en 2021 : la stagnation plutôt que le rebond

Mise à jour le 03/03/2022 par
Demander
ma carte grise en ligne

Après une chute record, pandémie oblige, de 25% des immatriculations de voitures neuves en France en 2020, le marché a stagné en 2021 à des niveaux toujours très bas, bien en dessous de la barre des 2 millions d’unités régulièrement franchie ces dernières années. A la crise sanitaire s’est en effet ajoutée la pénurie de semi-conducteurs qui a affecté la production dans son ensemble et rallongé les délais de livraison, amenant de nombreux Français à se tourner vers le marché de l’occasion.

Afin de mesurer précisément l’impact de la crise sanitaire sur le secteur automobile, l’agence spécialisée en data Flashs et cartegrise.com vous proposent un outil interactif et intuitif qui permet de comparer les immatriculations de voitures neuves depuis 2018 en France, région par région et département par département.

Frappé de plein fouet par la crise sanitaire, le marché de la voiture neuve a connu en 2020 une chute historique de quelque -25% par rapport à 2019. D’une année sur l’autre, les immatriculations ont baissé de près de 600 000 véhicules, passant de 2,242 millions d’unités à 1,685 million, soit le chiffre le plus bas enregistré en France depuis… 1975 ! Reprise économique oblige, on aurait pu attendre de l’année 2021 qu’elle soit celle du rebond pour le secteur automobile. Mais c’était sans compter la pénurie mondiale de semi-conducteurs – indispensables notamment aux puces électroniques équipant aujourd’hui les voitures – qui a contraint les constructeurs à ralentir leur production. « Les délais d’attente pour la livraison d’un véhicule neuf se sont considérablement allongés et nombre de personnes se sont alors tournées vers le marché de l’occasion » explique Richard Guyon, directeur général du site cartegrise.com. Si les immatriculations de voitures neuves ont quasiment stagné entre 2020 et 2021 – 1,685 million contre 1, 694 million -, le marché de l‘occasion a pour sa part battu des records l’an dernier avec près de 6 millions de véhicules immatriculés entre janvier et décembre.

2022 dans la lignée de 2021 ?

A l’aube de cette nouvelle année, quelles sont les tendances du marché du neuf pour 2022 ? Selon Richard Guyon, « la crise des semi-conducteurs devrait se réguler dans le courant du 2e semestre, mais nous ne tablons pas pour autant sur une forte reprise des ventes de voitures neuves aux particuliers. Nous nous attendons plutôt à des chiffres dans la lignée de l’année écoulée ». Aux délais de livraison qui resteront probablement encore élevés pour un certain nombre de modèles s’ajoutent d’autres éléments qui ne vont pas dans le sens d’un retour aux années fastes. D’abord, les millions de Français qui ont fait le choix, souvent contraint, de l’acquisition d’une occasion en 2020 n’achèteront probablement pas de voiture neuve cette année, quand bien même celle qu’ils espéraient serait à nouveau disponible. Ensuite, comme le souligne le directeur général de cartegrise.com, « les obligations réglementaires imposées au niveau européen et en France en faveur des véhicules propres rendent ces derniers plus chers à l’achat. Mais le pouvoir d’achat des Français, lui, n’augmente pas… » Enfin, dans la perspective de l’arrêt de l’équipement en moteur thermique des voitures neuves d’ici à 2035, les constructeurs réorganisent leurs lignes de production, certains arrêtant même complètement le thermique avec des conséquences évidentes sur les prix de leur gamme. Le modèle de tout le secteur est donc aujourd’hui dans une profonde phase de restructuration.

Un outil comparatif complet

Afin de mesurer l’impact de la crise sanitaire sur les immatriculations des voitures neuves dans notre pays, le site cartegrise.com a confié à l’agence spécialisée en data Flashs le soin de concevoir un outil qui permet de comparer les chiffres depuis 2018 aux niveaux national, régional et départemental. Ainsi, on constate par exemple qu’entre 2019, année de référence d’avant crise sanitaire, et 2021, les immatriculations ont chuté de -23% dans la région Rhône-Alpes, le Cantal étant le département le plus impacté avec -32% et le Rhône celui ayant le mieux résisté, mais avec une baisse de 18% tout de même. Plus globalement, la région la plus fortement touchée par la diminution des immatriculations de véhicules neufs est celle des Hauts-de-France qui affiche un recul de 34% quand la Corse limite cette chute à -18%. Le moins mauvais résultat est enregistré dans les départements d’outre-mer avec -12% entre 2019 et 2021, un chiffre qui peut s’expliquer par les importants retards de livraison connus au plus fort de la crise en 2020 et en partie compensés l’année suivante.

Rédigé par    |   17/01/2022

COMMENTAIRES