Faire ma carte grise en ligne

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Vous vous rappelez de la série télé des années 80 mettant en scène un justicier et sa voiture intelligente ? K 2000 en a fait rêver plus d’un de cette voiture puissante, sportive et surtout autonome qui devient en quelque sorte le seul ami de son conducteur.

Longtemps restée un rêve, la voiture autonome est aujourd’hui plus proche de la réalité que jamais. Mais où en est-on en 2024 en France ? Quelles sont les avancées techniques, les modèles disponibles et les questions juridiques qui subsistent ?

Qu’est-ce qu’une voiture autonome ?

Commençons d’abord par la définition de la voiture autonome qui n’est pas aussi simple qu’il n’y parait. En effet, LA voiture autonome n’existe pas, mais plutôt plusieurs types de voiture autonome.

C’est la "Society of Automotive Engineer" qui a défini des niveaux d’autonomie en 2014 dont on se sert toujours pour classer l’autonomie d’un véhicule :

  • Niveau 0 :
    Il s’agit de la voiture traditionnelle sans aucune autonomie.
  • Niveau 1 :
    On considères des aides à la conduite comme le régulateur de vitesse, l’aide au maintien de voie ou le système d’antiblocage des roues comme niveau 1. Toutefois, une seule de ces aides ne peut être active sur le véhicule.
  • Niveau 2 :
    L’option la plus connue de niveau 2 est le Park Assist, cette aide au stationnement intelligente. Le véhicule est capable de maintenir la distance de sécurité ou la voie. Sur demande, il peut opérer les changements de direction pour vous. Toutefois, vous gardez toujours le contrôle et surtout la responsabilité de votre véhicule. Vous devez par conséquent rester vigilant.
  • Niveau 3 :
    Ce niveau représente le premier vrai gap d’autonomie. En effet, sous certaines conditions, la voiture peut conduire toute seule sans intervention de votre part. Dans les embouteillages ou sur l’autoroute, les données de navigation et les conditions réelles de circulation régissent la conduite du véhicule (accélération, freinage, changement de direction, etc.). Lorsque vous enclenchez le pilote automatique, vous vous déchargez de votre responsabilité pendant le temps d’utilisation.
  • Niveau 4 :
    Contrairement au niveau 3, le véhicule n’aura plus besoin de vous demander de prendre la main. La conduite est donc réellement autonome, mais reste toutefois limitée à certaines conditions. Une de ces conditions peut être l’utilisation d’une route préconfigurée par le constructeur. Le niveau 4 reste donc relativement restreinte.
  • Niveau 5 :
    La voiture de niveau 5 est entièrement autonome. Elle est capable de conduire seule, partout et dans toute circonstance.

Quelle est la situation légale des voitures autonomes en France ?

Les voitures neuves sont généralement toutes désormais de niveau 2. Certaines, comme la BMW série 7, se garent toutes seules dans leur garage. D’autres s’arrêtent automatiquement devant un obstacle comme la Volvo XC90 ou maintiennent la distance de sécurité dans un embouteillage comme la Tesla Model S.

Depuis Septembre 2022, la France autorise la conduite semi-autonome de niveau 3 dans le respect de la réglementation de l’ONU. Ainsi, vous avez le droit d’utiliser l’autopilote si vous respecter ces trois conditions :

  • Etre sur une route à terre-plein central qui est interdite aux piétons et vélos
  • Ne passer dépasser une vitesse maximale de 60 km/h
  • Rester en mesure de reprendre le contrôle à tout moment

Pour l’instant la vitesse maximale n’a pas encore évolué, même si une limite à 130 km/h était en discussion.

Mercedes Bens Vision EQS - image de Alexander Migl

Encore très peu de modèles disponibles

Malgré l’autorisation du niveau 3 de la conduite autonomie il y a plus d’un an et demi déjà, les constructeurs restent frileux à prendre la responsabilité en cas d’activation de l’autopilote. En effet, il n’y a que Mercedes qui a obtenu une approbation internationale pour ce niveau de conduite en Mars 2023 !

Plusieurs pays ont jugé le système Drive Pilot de Mercedes conforme à la législation concernant la "délégation de conduite de type 3" (son appellation juridique). Mercedes devient donc le premier – et pour l’instant l’unique constructeur – à avoir sauté le pas.

Toutefois, l’utilisation du Drive Pilot restera très restreinte : il ne fonctionnera pas de nuit, ni par temps de pluie ou par des températures inférieures à 4 degrés. Vous ne pourrez pas non plus l’activer lorsque vous souhaitez traverser un tunnel de plus de 50 mètres ou un chantier. Ces restrictions s’ajouteront bien sûr aux conditions légales !

Le Drive Pilot a d’autres exigences d’utilisation que nous n’énumérerons pas ici, mais pourquoi pas dans un nouvel article. En tout cas, les modèles Mercedes équipés du Drive Pilot seront bourrés de technologies de pointes pour garantir au mieux l’infaillibilité de l’autopilote. Car en effet, Mercedes est le premier constructeur a engagé sa responsabilité pénale en cas d’accident survenu avec l’autopilote.

Pour déterminer les circonstances de l’accident et ainsi la responsabilité engagée, Mercedes équipera ses modèles de boîtes noires appelées Event Data Recorder. Même si la législation ne se positionne pas encore clairement sur le pouvoir décisif de ces boîtes noires, elles permettraient tout de même de savoir si l’erreur est d’origine humaine ou pas.

Encore beaucoup de progrès à faire

Quand on voit combien de temps il a fallu au premier constructeur automobile de sortir son premier système de conduite autonome de niveau 3, il est clair qu’on est encore loin d’une conduite totalement autonome. Il reste trop de questions et flous juridiques notamment quant à la responsabilité engagée.

Une voiture "meilleur ami" comme la K 2000 n’est donc – malheureusement ? – pas pour demain.

Vanessa Lenormand
Publié par
Responsable rédactionnel
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