Mauvaise nouvelle pour les automobilistes : le prix de la carte grise flambe en 2025, avec une hausse moyenne de +11 % en France métropolitaine. Le prix moyen du cheval fiscal est passé de 47,80 € en 2024 à 54,27 € en 2025. Dans plusieurs régions, les tarifs atteignent même leur plafond légal. Et certaines décisions passent inaperçues… mais elles vont coûter cher.
Des hausses records selon les régions
Dix régions ont décidé d’augmenter le prix du cheval fiscal, principal composant du tarif de la carte grise. La moitié applique désormais le tarif maximal de 60 € par cheval fiscal :
- Normandie (+30,4 %)
- Bretagne (+9,1 %)
- Grand-Est (+25 %)
- Centre-Val-de-Loire (+9,1%)
- Bourgogne-Franche-Comté (+9,1 %)
Les autres régions ont décidé d’un tarif moindre, mais avec des progression parfois notable :
- En Nouvelle-Aquitaine, la progression est de +17,8 % (de 45 à 53 €)
- En Provence-Alpes-Côte d’Azur, on passe de 51,20 € à 59 €
- Dans les Hauts-de-France, la hausse paraît plus modérée (+16 %) pour atteindre 42 €
- En Corse, la hausse atteint +59,3 %, passant de 27 € à 43 €
- En Occitanie, le tarif vient de grimper à 59,50 € (+5 €)
De plus, ces augmentations s'accompagnent de la fin de l'exonération pour les véhicules "propres", sauf dans les Hauts-de-France qui n’exonère plus les véhicules dit-propres par contre. C’est donc une double peine pour les conducteurs de voitures électriques ou hybrides, qui devront désormais payer comme tout le monde.
Pourquoi une telle flambée des prix ?
La carte grise représente une ressource directe pour les régions, à un moment où les budgets sont tendus. La Normandie, par exemple, justifie sa hausse par la baisse continue de ses recettes : de 109 M€ en 2019 à seulement 82 M€ en 2023. En remontant le tarif à son maximum légal, elle espère récupérer 162 M€ en 2025.
Autre raison évoquée : le manque à gagner lié à l’exonération des cartes grises pour les véhicules électriques, une mesure imposée par l’État. L’Occitanie estime avoir perdu 14,4 M€ en 2023 et prévoit encore 12 M€ de déficit en 2025 rien que sur ce poste.
Ce que l’État économise… au détriment des usagers
Alors que les automobilistes paient plus, l’État réduit ses propres coûts. Depuis décembre 2024, les certificats d’immatriculation ne sont plus envoyés en recommandé, mais en simple courrier suivi. Une mesure qui devrait lui faire économiser entre 15 et 20 millions d’euros.
Mais malgré la fin de l’envoi sécurisé, la redevance d’acheminement (2,76 €) continue d’être facturée aux usagers… sans justification claire.
Vers une carte grise encore plus chère ? Les régions veulent relever le plafond légal
Alors que plusieurs régions comme la Normandie, le Grand Est ou le Centre-Val de Loire ont déjà atteint le plafond légal actuel de 60 € par cheval fiscal, certaines collectivités demandent désormais une révision de la législation nationale pour aller plus loin. L'objectif : augmenter ce plafond à 80 €.
Cette volonté fait écho à une pression budgétaire croissante, dans un contexte de baisse des recettes fiscales locales et de fin progressive des aides d’État. Si cette proposition venait à être acceptée, le coût d’immatriculation pour les véhicules puissants – notamment les modèles thermiques récents ou les voitures électriques haut de gamme – pourrait grimper de plusieurs centaines d’euros.
Aucune décision n’a encore été actée au niveau législatif, mais le signal est clair : les régions ne comptent pas s’arrêter là dans la recherche de nouvelles recettes, et la carte grise pourrait devenir un levier fiscal majeur dans les années à venir.
À quoi s’attendre dans les mois à venir ?
Certaines régions doivent encore voter leur budget. Leur tarif pourrait évoluer dans le courant de l’année. En attendant, les simulations officielles montrent déjà que les véhicules thermiques récents sont de plus en plus pénalisés, y compris pour ceux qui pensaient profiter d’une exonération partielle.
Le signal est clair : posséder une voiture coûte plus cher, même pour ceux qui optent pour des modèles plus vertueux. Et avec les restrictions budgétaires qui touchent les collectivités, d’autres hausses sont probables d’ici 2026.