Le groupe Stellantis est à nouveau mis en cause, cette fois pour les défaillances mécaniques graves de ses moteurs PureTech, une technologie pourtant censée répondre aux normes environnementales. Malgré des rappels et une extension de garantie, les problèmes persistent et l’UFC-Que Choisir vient de porter plainte.
Une technologie fragilisée par un défaut structurel
Depuis 2016, les moteurs PureTech – largement utilisés dans des modèles des marques Peugeot, Citroën, Opel ou DS – présentent une consommation anormale d’huile et surtout une usure prématurée de la courroie de distribution, immergée dans l’huile moteur. Cette conception entraîne, dans de nombreux cas, la casse pure et simple du moteur, exposant les conducteurs à des risques de pannes en pleine conduite voire d'incendie, selon les témoignages recensés.
Le défaut est désormais bien documenté. Il affecte des milliers de véhicules en France comme à l’étranger, au point que la Commission européenne a lancé une alerte dès 2020. Malgré les premières réactions de Stellantis, la confiance des consommateurs reste ébranlée.
Un dispositif d’indemnisation jugé inéquitable
Face à la pression croissante, Stellantis a réagi. En mars 2024, le groupe a étendu la garantie à 10 ans pour les véhicules concernés. Une plateforme d’indemnisation rétroactive a aussi été ouverte début 2025. Mais ce système est fortement critiqué par l’UFC-Que Choisir, notamment pour ses critères d'éligibilité restrictifs et sa lenteur d'exécution.
Les consommateurs se retrouvent dans une situation ubuesque, devant parfois avancer les frais de réparation pour ensuite espérer un remboursement partiel. Dans bien des cas, la réponse du constructeur reste floue ou insuffisante, laissant les propriétaires dans l’impasse.
Une plainte pour pratiques commerciales trompeuses
L’association de défense des consommateurs ne s’est pas contentée de dénoncer publiquement l’affaire. Elle a déposé une plainte pour tromperie aggravée, mise en danger de la vie d’autrui et pratique commerciale trompeuse auprès du Procureur de la République d’Arras. Elle déplore une absence de réaction suffisante malgré l’ampleur des incidents.
Certains véhicules cumulent même les défauts, comme la Citroën C3, déjà touchée par le scandale des airbags Takata. Cette "double peine" illustre, selon l’UFC, la négligence globale du constructeur envers la sécurité de ses clients.
L’achat d’occasion fortement déconseillé
Le dossier devient également sensible sur le marché de l’occasion. Les modèles équipés de moteurs PureTech sont de plus en plus boudés par les acheteurs avertis, au risque de faire chuter leur valeur de revente. Les automobilistes se retrouvent alors piégés : impossibles à faire réparer convenablement, difficiles à revendre sans perte.
Certaines plateformes et garages indépendants commencent à refuser les prises en charge de ces moteurs, tant les réparations sont lourdes et risquées, même après remplacement de la courroie.
Une image à redresser d’urgence pour Stellantis
Le groupe Stellantis, déjà confronté à des tensions sur l’électrification de sa gamme et à la transition vers une offre plus durable, voit ici sa crédibilité entamée. Ces défaillances à répétition, couplées à une communication jugée tardive et insatisfaisante, interrogent sur sa stratégie de gestion des risques.
L’industrie automobile joue aujourd’hui sur deux tableaux : la fiabilité technique et la transparence commerciale. Sur ces deux fronts, la réponse du constructeur est scrutée de près par les autorités, les consommateurs… et les marchés.