Depuis le 1er mai 2025, la carte grise pour les voitures électriques n’est plus gratuite dans la quasi-totalité des régions. Cette décision, ajoutée à la baisse des aides à l’achat, marque un virage net dans la politique de soutien à l’électromobilité. Le coût grimpe, les avantages fondent… et le choc est brutal pour les acheteurs.
La fin de l’exonération : ce que ça change pour les automobilistes
Jusqu’ici, immatriculer une voiture électrique était quasiment gratuit : seuls 13,76 € de frais administratifs étaient demandés. Mais cette gratuité est supprimée dans presque toutes les régions depuis le 1er mai 2025. Seule exception pour le moment : les Hauts-de-France.
Désormais, les voitures 100 % électriques et hybrides sont soumises à la taxe régionale, calculée selon le cheval fiscal (CV), comme les thermiques. Exemple concret : une Tesla Model Y Performance (12 CV) coûtera 733,76 € à immatriculer à Nancy, contre 13,76 € auparavant.
Un manque à gagner pour les régions devenu insupportable
Initialement conçu comme un levier d’incitation, le dispositif d’exonération est aujourd’hui vu comme une perte de recettes pour les collectivités. En 2024, 17 % des ventes de véhicules en France étaient électriques. À ce rythme, la gratuité représentait près de 640 millions d’euros de revenus potentiels pour les régions.
Dans 5 régions de France Métropolitaine, le prix du cheval fiscal a été porté à 60 €, son plafond légal, pour compenser la baisse des recettes. Résultat : le prix d’une carte grise explose en 2025. La Corse a, de son côté, bondi de 27 € à 43 € en un an (+59,3 %).
Une fiscalité revue… pendant que les aides à l’achat disparaissent
Ce coup de frein ne se limite pas à l’immatriculation. Depuis début 2025 :
- Le bonus écologique est tombé à 2000–4000 €, contre 4000–7000 € auparavant
- La prime à la conversion a été supprimée
- Le leasing électrique à moins de 100 €/mois a été suspendu
- Les aides aux camionnettes, scooters, tricycles ont été tout simplement supprimées
Même le bonus pour les particuliers modestes a été divisé par deux, réduisant fortement l’attractivité des modèles électriques.
Ce que vous paierez désormais selon votre région
Voici quelques exemples de tarifs pour une Renault 5 E-Tech (5 CV) :
- Île-de-France : 288,76 €
- Normandie : 313,76 €
- Grand-Est : 313,76 €
- Corse : 228,76 €
- Occitanie : 311,76 €
Ce tarif inclut : la taxe régionale, la taxe fixe (11 €) et la redevance d’acheminement (2,76 €).
Un vrai coup d’arrêt pour l’électrification du parc
Les signaux sont clairs : l'État se désengage progressivement de son soutien financier à l’achat de véhicules électriques. Ce revirement, combiné à la baisse des incitations et à la hausse généralisée des prix, risque de ralentir fortement l’adoption de l’électrique.
Les professionnels du secteur s’inquiètent déjà d’un coup de frein durable. Certains craignent un recul du marché, voire un retour vers des modèles thermiques d’occasion, perçus comme plus abordables à court terme.
La promesse d’une mobilité verte universelle semble s’éloigner, au moment même où l’échéance de 2035 pour la fin des ventes de moteurs thermiques se rapproche.