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À partir du 1er janvier 2026, des millions de véhicules déjà immatriculés seront concernés par une nouvelle taxe inédite : le malus écologique rétroactif. Le gouvernement veut accélérer le renouvellement du parc roulant. Mais les automobilistes risquent de devoir payer pour des choix faits parfois dix ans plus tôt.

Une réforme qui change tout : le malus ne s’appliquera plus seulement à l’achat

Jusqu’ici, le malus écologique ne concernait que les véhicules neufs ou importés. La nouveauté 2026, c’est que cette taxe frappera rétroactivement les véhicules déjà en circulation, à l’occasion de certaines démarches (revente, changement de titulaire…).

Objectif : pénaliser les modèles lourds et polluants, même s’ils ont été achetés légalement plusieurs années auparavant.

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Les véhicules visés : après 2015, lourds et gourmands

Deux conditions cumulatives seront prises en compte :

  • Date de première immatriculation : après le 1er janvier 2015
  • Émissions de CO₂ : supérieures ou égales à 131 g/km
  • Poids à vide : supérieur à 1 799 kg

Cela vise principalement les SUV, les berlines haut de gamme, les 4x4 et pick-up récents. Les véhicules plus anciens (avant 2015) sont exclus du dispositif.

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Comment le malus rétroactif sera calculé ?

Le montant de la taxe sera basé sur :

  1. Le barème CO₂ en vigueur l’année d’immatriculation
  2. Un coefficient de vétusté (décote en fonction de l’âge du véhicule)

Exemple :

  • Un SUV de 2017 avec 141 g/km d’émissions CO₂
  • Malus initial en 2017 : 540 €
  • Coefficient de vétusté à 8 ans : 58 %
  • Montant dû en 2026 : 227 €

Une taxe au poids s’ajoute pour les modèles récents

Pour les véhicules immatriculés après le 1er janvier 2022, une taxe au poids vient s’ajouter si le véhicule dépasse 1 799 kg. Le montant dépendra du barème en vigueur à la date d’immatriculation, appliqué avec un abattement selon l’âge du véhicule.

Catégories particulièrement touchées :

  • SUV familiaux
  • 4x4 et crossovers
  • Berlines premium thermiques

Des exemptions prévues… mais peu nombreuses

Voici les réductions et exonérations prévues : 

Sont totalement exonérés :

  • Les véhicules de plus de 15 ans
  • Les 100 % électriques
  • Certains véhicules aménagés pour les personnes handicapées

Abattement selon l’âge du véhicule :

  • De 3 % à 3 mois à 100 % au-delà de 15 ans
  • Exemples :
    • 4 ans → -33 %
    • 6 ans → -43 %
    • 9 ans → -58 %

Bonus en 2027 : un abattement basé sur le kilométrage

Un nouveau paramètre sera pris en compte à partir de 2027 : la distance réellement parcourue.

Des abattements seront appliqués selon le kilométrage moyen annuel pour favoriser les petits rouleurs et pénaliser l’usage intensif des véhicules polluants.

Et les véhicules hybrides ?

Les hybrides simples seront intégrés au barème standard selon leurs émissions.

Les hybrides rechargeables récents, avec au moins 50 km d’autonomie électrique, pourront bénéficier d’abattements supplémentaires.

Le marché de l’occasion déjà sous tension

Cette réforme risque d’avoir un effet immédiat sur les transactions en 2025 :

  • Dévalorisation anticipée des SUV et berlines puissantes
  • Pic d’immatriculations avant le 31 décembre 2025 pour éviter la taxe
  • Opportunités pour les acheteurs moins concernés par la fiscalité

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Ce que les acheteurs doivent vérifier en 2025

Avant d’acheter un véhicule d’occasion, il devient indispensable de :

  • Vérifier le taux de CO₂ (rubrique V.7 de la carte grise)
  • Contrôler le poids à vide
  • Anticiper le montant du malus rétroactif lors du changement de propriétaire
  • Choisir un modèle plus léger ou hybride pour éviter toute taxation

Pourquoi cette mesure est-elle mise en place ?

Cette réforme poursuit un double objectif :

  1. Accélérer la sortie des véhicules les plus polluants
  2. Augmenter les recettes fiscales, estimées à plusieurs centaines de millions d’euros

Ces fonds pourraient être affectés à des primes à la conversion ou des aides à l’achat pour les véhicules zéro émission.

Ce qu’il faut retenir

  • Le malus rétroactif s’appliquera dès 2026 à des véhicules déjà immatriculés qui n’ont pas encore payé le malus
  • Les plus exposés : SUV, 4x4, berlines premium de plus de 130 g/km et 1 799 kg
  • Les acheteurs d’occasion devront redoubler de vigilance
  • Des abattements sont prévus, mais la facture peut rester salée
  • 2025 est la dernière année sans malus rétroactif pour ces véhicules

Le compte à rebours est enclenché. Pour beaucoup de conducteurs, 2026 marquera un tournant fiscal à ne pas négliger.

 

Vanessa Lenormand
Publié par
Responsable rédactionnel
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